FIIRO

Célina Ramsauer & Lamine Konté

Lecture, Conte et Musique

Du Valais à la Casamance, Voyage entre Europe et Afrique

Transmettre

Transmettre signifie étymologiquement « envoyer (mittere en latin) au-delà (trans)». La transmission peut se faire de façon informelle, non consciente, par imprégnation, ou de façon formelle, délibérée, consciente, organisée, planifiée sous forme de curricula (ex : les programmes scolaires). Elle porte sur des valeurs, des savoirs et connaissances, des savoir-faire et compétences, des attitudes. Elle suppose une autorité reconnue, légitimée par sa fonction, son rôle, son statut, son mandat, sa compétence (coutumière, juridique, religieuse, scientifique, etc…) La transmission est censée faire sortir de l’enfance (rites d’initiation), de l’ignorance, elle acculture, produit un effet civilisateur, d’insertion sociale et professionnelle. Elle a un effet intergénérationnel puissant, puisqu’elle économise le temps des tâtonnements, des erreurs, et met à disposition les acquis comportementaux et intellectuels reconnus par un groupe existant à un moment donné.

La tradition orale - TRANSMISSION en français ou FIIRO en Mandinka

La tradition orale (également culture orale, patrimoine oral ou encore littérature orale) est une façon de préserver et de transmettre l'histoire, la loi et la littérature de génération en génération dans les sociétés humaines (peuples, ethnies, etc.) qui n'ont pas de système d'écriture ou qui, dans certaines circonstances, choisissent ou sont contraintes de ne pas l'utiliser. La tradition orale est parfois considérée comme faisant partie du folklore d'un peuple. Ce serait sans doute plus juste d'y voir l'une des formes principales de l'éducation (initiale et continuée) des sociétés humaines, avec ou sans écriture.

Selon Seydou Camara, qui étudie la transmission orale des traditions africaines, le texte véhiculé oralement se transforme selon les intérêts de chacun, faisant apparaître à chaque fois de nouvelles variantes. Même lorsque le texte est écrit sous forme de manuscrit, des erreurs s'ajoutent à chaque copie, à tel point qu'on recense « une infinité de variantes » dont seul le « noyau » reste inchangé.

Jean Follonier, un auteur valaisan, relate : « dans mon village d’enfance, après la mi-novembre, il s’agissait de meubler les longues soirées. Pour cela, on n’avait pas besoin de l’électricité dont on ignorait encore les bienfaits et les servitudes, et encore moins de la radio ou de la télévision. On s’organisait entre voisins et, ainsi, toute une vie sociale surgissait vers cette date et disparaissait à la fin février, quand les hommes descendaient travailler les vignes. Trois mois d’hiver, avec des veillées magnifiques, il n’est pas possible d’oublier cela. »

La Casamance et le Mandinka

La Casamance (« Kasa ») (en portugais : Casamança) est une région historique et naturelle du Sénégal située au sud-ouest du pays, entre la Gambie et la Guinée-Bissau, partiellement isolée du reste du pays par le territoire gambien. La Casamance, qui doit son nom au fleuve Casamance, est composée des régions administratives de Ziguinchor à l’ouest et de Kolda à l’est.
Les habitants de la Casamance se nomment « Casamançais ». Le mandinka est une langue mandingue et une variante du mandingue parlée en Guinée au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. D’autres variantes du mandingue sont parlée en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Liberia, en Guinée, au Mali, en Sierra Leone, en Gambie et en Guinée-Bissau. Le mandingue fait partie des langues mandées, elles-mêmes rattachées aux langues nigéro-congolaises. On l’appelle aussi manding, mandingo, mandinka, mandekinhninkan, mandinque, mande et socé.

Et puis, un concept, une idée….

Une nouvelle collaboration entre deux artistes, l’un « Casamançais », l’autre « Valaisanne ». Durant cinq mois, Célina Ramsauer et Lamine Konté ont reçu de la part des « Correspondances » des lettres de grands auteurs (Rousseau, Goethe, Dostoïevski, etc) ayant découvert le Valais à diverses époques. Ces lettres sont tirées de l’ouvrage « Le voyage en Valais », d’Antoine Pitteloud. Tous ces auteurs ont traversé ce canton avec des impressions diverses. Célina et lamine décident de transmettre puis, de réagir à ces lettres avec leurs propres outils tel la lecture, le conte, la musique, la chanson ou encore l’échange d’opinion sans pour autant porter de jugements. Suite à cette première expérience les deux artistes décident de s’appuyer sur ce concept pour poursuivre cette création, qui finalement ne s’arrêtera jamais puisque au grès des lieux, des pays, en collaboration avec les différents organisateurs, les écrits, les citations, les auteurs puisés dans les livres ne seront jamais les mêmes. Ce concept tire sa force justement de l’adaptation, de la justesse de la recherche, de l’écrit de base. Des portes ouvertes, au travers des écrits, des différentes cultures, différentes religions, des différents publics, des lieux différents… Un spectacle ? Non ! Effectivement : Une création « dans » la création, un perpétuel recommencement, une mise en valeur de l’énergie de l’instant, un exercice de style et d’essence positive pour un résultat riche en échanges, découvertes et authenticités.

Dates de représentations programmées

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